Duo Palier / Toulemonde

Agnès Palier - voice
Olivier Toulemonde - acoustic objects

 

This duo played the first time at Les Instants Chavirés in 2003

Playing with naked voice and acoustic objects, Agnès Palier and Olivier Toulemonde develop a curious noise poetry, in which they explore the abstract and organic sides of the sound, where body is tightly involved in a dynamic relationship to sound and space.They've been working together for 8 years and have played in several countries in Europ, US and Canada, sometimes as a trio with Jack Wright.

CD Rocca published at Creative Sources in 2005

CD Crickxstraat published at FFHHH in 2010

Recorded live at Pied Nu, october 2011, by Emmanuel Lalande :

  1. Excerpt 1
  2. Excerpt 2

Reviews (english + french) :

"... I find more to like in French improvising vocalist Agnès Palier's latest duo outing with Olivier Toulemonde than I did in Yoshida's impressive but intimidating duo on Erstwhile with Toshi Nakamura last year.
When I saw this duo playing with Jack Wright recently, Toulemonde was playing, well, a customised table, exploring its amplified surfaces with a variety of objects, from slabs of polystyrene to tiny marbles. The sounds he conjures forth from it are surprisingly diverse, and he manages to control them with remarkable precision too, as they teeter on the verge of either silence or noise, like the precariously balanced garden furniture adorning the CD cover. Toulemonde's fragile friction is the perfect complement to Palier's amazing repertoire of vocal noises, which range from the de rigueur throttled gargles to trumpeting splutters and theremin swoops. Still, a little goes a long way – 32 minutes is a fine duration for an album of music as disarmingly intimate yet emotionally bruising as this." – Dan Warburton - Paris Transatlantic

" Le touchant dialogue entre Agnès Palier (vocal) et Olivier Toulemonde (electroacoustic set) est incontestablement une de ces musiques bonnes pour replacer le corps dans la boîte à outils des connaissances. À condition de ne pas vouloir arrêter d’emblée un jugement esthétique. Laissons ça pour (beaucoup) plus tard, ce n’est même plus pertinent, c’est dépassé, ringard. Expérimentons d’abord. Plongeons là-dedans comme tout à l’heure dans les vagues. Il faut se laisser envahir sans comprendre, sans chercher à comprendre. Presque comme pour une musique dite de méditation. Certaines inflexions du système électroacoustique ne sont pas sans évoquer les épanchements de mammifères marins. On y revient! On ne cesse de happer par l’ouïe, vibrant dans ce plancton sonore, ces «tréfonds obscurs et mythologiques de la prédation»! Les sons de palier et Toulemonde sont des bouées qui flottent loin de ces tréfonds, mais restent en liaison ténue avec eux. Surtout par la voix, la bouche, l’appareil buccal, la langue, les lèvres, le palais, l’ivoire, les muqueuses, le tube digestif, la multiplicité de la bouche. Après la phase méditative, il faut bouger, se comporter avec ces sons comme s’il s’agissait d’un support à fitness. Inventer les mouvements qui correspondent à ces impulsions sonores. Laisser sa propre bouche, par mimétisme, devenir une multiplicité de langues. Ce ne sont pas des entités musicales qui se veulent centrales, transmettant une part de l’esprit de «la» musique, d’en haut. Ce sont des organismes sonores polymorphes, des sortes d’éponges qui absorbent et rejettent, ils prennent autant qu’ils donnent, et modifient ce qui passe par eux. Ils se déplacent, se transforment tout en laissant flotter une plénitude fragile, instable. Ils coupent les ponts avec une idée centrale de ce que devrait être la musique et l’écoute de la musique. Ces musiques «sans architecture fixe» (A. Nogueira) déroutent l’écoute. On se rend compte que l’on doit rechercher comment écouter et que surtout on n’écoute pas seulement avec les oreilles, ça écoute de partout en nous, beaucoup d’organes et de fonctions biologiques tendent l’oreille. Chaque point d’écoute crée entre le moi, cette musique et l’extérieur des objets et des autres, des cheminements distincts, des raccords spécifiques, actifs. Des éléments ténus de compréhension, des hypothèses. Une «multidimensionnalité» de l’écoute qui déploie tous les plis de la perception, lui donne de la puissance, au lieu de tout ramener à l’unidimensionnel autoritaire. C’est sans doute ainsi que l’on commence à sentir et penser comme un paysage… Il est nécessaire, même, il est bon de pratiquer une écoute sans architecture fixe... " - PH - La Médiathèque de Liège - 2009

"... leur partenariat atteint une plénitude sans équivoque comme l’attestent les quatre pistes de ce nouvel album. Le chant consiste en murmures, grognements, souffles rauques et aigus. Un registre abstrait et pourtant sensible qui répond à merveille aux sons étranges obtenus par Toulemonde à l’aide de son attirail : une table sur des tréteaux, des fouets de cuisine, des bols, des billes, un archet, des pinces… On ressent une grande qualité d’écoute de la part des deux musiciens qui parviennent à créer une matière mouvante quasi organique. Aucun ne prend le pas sur l’autre, tant ils sont au service d’une poésie du bruit basée sur la retenue, la concentration et l’efficacité du geste. Parfois, un objet chute, de manière délibérée ou pas, cela importe peu, et fait s’immiscer une notion indispensable d’accident et de respiration dans un continuum musical vivant. " - Jean Dezert - Le son du Grisli - 2010

"… Enfin, je découvre avec beaucoup de plaisir Rocca, enregistré en duo avec la chanteuse Agnès Palier. Un album formidable où les improvisations vocales rivalisent d'intensité avec les chuintements, frottements et divers accidents sonores contrôlés de Toulemonde. Souvent, on entend se construire ce qui ressemble à une rage intériorisée, qui peine à être évacuée et qui a du coup des effets toniques sur l'auditeur. Bref, une musique, des sons, c'est comme on le préfère, rares, qui avancent, vivent, expérimentent, sans oublier de toucher les sens." Jean Dezer - Les Maitres Fous - 2009

 
© 2012 Olivier Toulemonde