Empty Factory



Installation créée en 2009 au festval REMOR (Girona), en coproduction avec Q-O2 (Bruxelles)



L'installation Empty Factory s'appuie sur un dispositif de ressorts suspendus, en apparence immobiles, dans lequel chaque ressort peut être mis en vibration – infime vibration, invisible à l'oeil nu - par un procédé de feedback mécanique. Chaque ressort s'ajuste sur une ou plusieurs fréquences de résonance, créant ainsi un continuum sonore aux évolutions lentes et progressives.

 



 

La présence de plusieurs ressorts et donc de plusieurs fréquences créé un cluster constitué de strates, à l'intérieur duquel évoluent des masses harmoniques complexes, et dont la stabilité est remise en cause à chaque microvariation de la fréquence ou de l'intensité d'un des ressorts. Dans cette installation, la musique se déplie et se déploie lentement dans le temps, invitant l'auditeur à plonger littéralement à l'intérieur du son et à faire l'expérience de l'écoute sur la durée. Chacun peut alors mesurer à quel point sa propre perception du monde sonore se trouve modifiée par le temps, qui va venir « affecter » en profondeur nos sens et notre perception de l'espace acoustique. C'est alors l'occasion pour chaque auditeur d'effectuer son propre voyage intérieur, à l'écoute de soi comme à l'écoute du son, balancé par des oscillations sonores aux larges amplitudes.

Si par son aspect visuel, l'installation Empty Factory évoque une machinerie d'un autre age, inerte et abandonnée, elle rappelle plutôt par son côté sonore un organisme vivant, traversé par de longs influx sonores, dont les battements semblent faire vibrer l'espace tout entier.


«Si j'avais déjà pu apprécier par 2 fois l'étonnant dispositif de ce chercheur impénitent et la réelle musicalité de ses ressorts amplifiés, jamais encore il ne m'avait été donné d'en jouir en plein soleil et dans un cadre aussi approprié. […] Des pans entiers de murs, ainsi qu'un plafond imaginaire au dessus du public, étaient parcourus de ressorts de toutes forces et de toutes longueurs. […] c'est tout le paysage qui semblait sonorisé par cette musique industrielle étonnamment intégrée aux montagnes comme à la brume.» Improjazz – Joël Pagier – sept 2010


« Une dizaine de ressorts et de fils métalliques quadrillant le donjon du château Sainte-Marie : avant même qu’on ait entendu les sons de cette « usine vide », le projet de l’électroacousticien basé à Bruxelles apparaît comme une installation étrange et pas dénuée de charme plastique.» Sud Ouest – C. Loubes – juillet 2010

 

 
© 2014 Olivier Toulemonde